«68 MALHEURS DE LA FRANCE
et insultaient à ce malheur par leur luxe. Ce qu’ilsavaient prêté était dissipé. Sans l’induitrie hardiede quelques négocians, et sur*tout de ceux deSaint-Malo, qui.allèrent au Pérou, et rapportè-rent trente millions dont ils prêtèrent la moitié àl’Etat, Louis XIF n’aurait pas eu de quoi payerses troupes.' La guerre avait ruiné la France, et desmarchands la sauvèrent. II en fut de même en Es-pagne. Les galions, qui ne furent pas pris par lesAnglais, servirent à défendre Philippe. Mais cetteressource de quelques mois ne rendait pas les re-crues de soldats plus faciles. CbamiUart élevé auministère des finances et de la guerre, se démit en1708 des finances, qu’il laissa dans un désordreque rien ne put réparer sous ce règne ; et en 1709il quitta le ministère de la guerre, devenu nonmoins difficile que l’autre. On lui reprochait beau-coup de fautes. Le public , d’autant plus sévèrequ’il soustrait, ne songeait pas qu’il y a des tempsmalheureux où les fautes font inévitables. (/) VoiJ'ìnqui après lui gouvernal’Etat militaire, et Desmarttsqui administra les finances , ne purent ni faire desplans de guerre plus heureux, ni rétablir un créditanéanti. (6)
Le cruel hiver de 1709 acheva de désespérer
(.1) Idhístoire de l’ex-jésuice la Motte , rédigée par laMartinièrt, dit que Oiamillart fut destitué du ministèredes finances en f 703, et que la vois publique y .ipprla lemaréchal d ’tìartáurt. les fautes de cet historien font fansnombre.
( 6) Pdur bien juger Defntarets il faut lire le mémoirequ’ii présenta au régent pour lui rendre compte de fouadministration ; ce mémoire fait regretter que ce prince neJ’aitpas 1 alité à la tête des finances.