IO particularités
Les mêmes esprits, qui bouleverseraient un Etatpour établir une opinion souvent absurde , ana-thématisent les plaisirs innocens nécessaires à unegrande ville , et des arts qui contribuent à lasplendeur dune nation. L’abolition des spectaclesserait une idée plus digne du siècle d 'Attila quedu siècle de Louis XIV.
La danse qui peut encore se compter parmi lesarts, (ff) parce qu’elle est asservie à des régieset qu’elle donne de la grâce au corps , était undes plus grands amusemens deia cour. Louis XIIIn’avait dansé qu'une fois dans un ballet en 1625;et ce ballet était d'un goût grossier, qui n’annon-qait pas ce que les arts furent en F rance trente ansaprès. Louis XIV excellait dans les danses graves,qui convenaient à la majesté de fa figure , et quine blessaient pas celle dessin rang. Les courses debagues , qu’onfesait quelquefois, et où l’on éta-lait déjà une grande magnificence, fessaient paraî-tre avec éclat son adresse à tous les exercices. Toutrespirait les plaisirs et la magnificence qu'on con-naissait alors. C’étaitpeu de chose en comparaisonde ce qu'on vit quand le roi régna par lui-même;mais c’était de quoi étonner , après les horreursd'une guerre civile , et après la tristesse de la viesombre et retirée de Louis XIII. Ce prince,malade et chagrin , n’avait été ni servi, ni logé ,ni meublé en roi. II n’y avait pas pour cent milleécus de pierreries appartenantes à la couronne. Le
f//) I.e cardinal (le Richelieu avait déjà don né des ballets,mai 1 , ils étaient fans goût, comme tout ce qu’on a tait en despectacles avant lui. Les Français . qui ont aujourd’huiporté la danse à la perfection , 11’avaient dans !a jeunesse deLouis XIV que des danses espagnoles, comme lasarabande,U pavane , etc.