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m’a dit qu’à la mort de son beau-père, il le con-jura à genoux de lui apprendre ce que c’était quecet homme , qu’on ne connut jamais que fous lenom de lh homme au masque de fer. ChamiUartlui répondit que c’était le secret de l’Etat, etqu il avait fait serment de ne le révéler jamais.Enfin il reste encore beaucoup de mes contem-porains qui déposent de la vérité de ce quej’avance, et je ne connais point de fait ni plusextraordinaire ni mieux constaté.
Louis XIV cependant partageait son tempsentre les plaisirs qui étaient de son âge, et les affai-res qui étaient de son devoir. II tenait conseiltous les jours, et travaillait ensuite secrètementavec Colbert. Ce travail secret fut l’origine de lacatastrophe du célèbre Fouquet , dans laquellefurent enveloppés le secrétaire d’Etat Guenegaud ,Pèlijfon , Gouvvìík et tant d’autres. La chute dece ministre, à qui on avait bien moins de repro-ches à faire qu’au cardinal Mazarin , fit voir qu’iln’appartient pas à tout le monde de faire les mê-mes fautes. Sa perte était déjà résolue, quand leroi accepta la fête magnifique que ce ministre luidonna dans fa maison de Vaux. Ce palais et les jar-dins lui avaient coûté dix-huit millions, qui envalent aujourd’hui environ trente-cinq. (bii) 11avait bâti le palais deux fois, et acheté trois
(AA) Les comptes qui le prouvent étaient à Vaux, aujour.d’iiuï ViHars, en 1718 , et doivent y être encore. M. le ducde Viilars, fils du maréchal, confirme ce fait. II est moinssingulier qu’011 ne pense. Vous voyez dans les mémoires del’abbé de Choisi, que le marquis de Louyois lui disait en luiparlant de Meudon : Je suis furie quatorzième million.