FETES.
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souvent que pour ìes yeux et les oreilles. Se quin’est que pompe et magnificence passe en un jour ;mais quand des chefs-d’œuvre de fart, comme leTartufe, font Fornemcnt de ces fêtes, elles lais-sent après elles une éternelle mémoire.
On se souvient encore de plusieurs traits de cesallégories de Benserade , qui ornaient les balletsde ce temps-là. Je ne citerai que ces vers pour leroi représentant le soleil.
Je doute qu’on le prerfne avec vous furie tonDe Daphné ni de Phastoa.
Lui trop ambitieux, e!ie trop inhumaine :
Iln’eft point là de piège où vous puiflìez donner}
Le moyen de s’imagîner ,
Ou’une femme vous fuie ; ct qu' un homme vous mène ?
La principale gloire de ces umusemens, qui per-fectionnaient en France le goût, la politesse et lestaîens, venait de ce qu’ils ne dérobaient rien auxtravaux continuels du monarque. Sans ces travauxil n’aurait su que tenir une cour, il n’aurait pas surégner ; et fi les plaisirs magnifiques de cette couravaient insulté à la misère du peuple, ils n’eussentété qu’odieux : mais le même homme qui avaitdonné ces fêtes avait donné du pain au peuple dansla disette de 1662. II avait fait venir des grains,que les riches achetèrent à vil prix, et dont il fitdes dons aux pauvres familles à la porte du louvre :il avait remis au peuple trois millions de tailles :nulle partie de l’administration intérieure n'étaitnégligée ; son gouvernement était respecté au-de-hors. Le roi d’Eípagne obligé de lui céder la pré-