MARINE.
141
de la cour, attaqua, avec quarante-quatre voiies,une flotte de quatre-vingt-dix vaisseaux anglais ethollandais : il fallut céder au nombre : on perditquatorze vaisseaux du premier rang , qui échouè-rent et qu’on brûla pour ne les pas laisser au pouvoirdes ennemis. Malgré cet échec les forces mariti-mes se soutinrent toujours dans la guerre de la suc-cession. Le cardinal de Fleuri les négligea depuisdans le loisir d’une heureuse paix ; seul temps pro-pice pour les rétablir.
Ces forces navales servaient à protéger le com-merce. Les colonies de la Martinique, de SnDo-mingue , du Canada, auparavant languissantes ,fleurirent ; mais avec un avantage qu’on n’avaitpoint espéré jufqu’alors ; car depuis 1659 jussju’à166;, ces établissemens avaient été à charge.
En 1664 le roi envoie une colonie à Cayenne ;bientôt après une autre à Madagascar. II tente tou-tes les voies de réparer le tort et le malheur qu’avaiteu fi long-temps la France de négliger la mer, tandisque ses voisins s’étaient formé des empires auxextrémités du monde
On voit par ce seul coup d œil quels changemensLouis XII fit dans l’Ecat ; changemens utiles,puifqu’ils subsistent. Ses ministres le secondèrentà l’envi. On leur doit sans doute tout le détail ,toute l’exécution ; mais on lui doit l’arrangementgénéral. II est certain que les magistrats n’euC-sent pas réformé les lois , que l’ordre n’eût pasété remis dans les finances, la discipline intro-duite dar.s les armées , la police générale dansle royaume j qu’on n’eût point eu de flottes ;