MOEURS
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On a comparé îe siècle de Louis XÎVà celuià'Auguste. Ce n’esi pas que la puissance et les évc-nemens personnels soient comparables. Rome etAuguste étaient dix fois plus considérables dansle monde que Louis XIV c t Paris. Mais il fautse souvenir qu’Athènes a été égale à Pcmpire ro-main , dans toutes les choses qui ne tirent pasleur prix de la farce et de la puissance. II faut en-core songer que, s’il n’y a rien aujourd’hui dans lemonde tel que l’ancienne Rome et qu Auguste ,cependant toute l’Europe ensemble est très-supé-rieure àtouti’empire romain.II n’y avait du tempsà’Auguste qu une feule nation, et il yen a aujour-d’hui plusieurs , policées, guerrières, éclairées,qui possèdent des arts que les Grecs et les Romainsignorèrent; et de- ces nations il n’y en a aucunequi ait eu plus d’éclat en tout genre, depuis envi-ron un siècle, que la nation íòrmée en quelqueforte par Louis XIV.
CHAPITRE XXX.
Finances et règlement.
Si l’on compare l’administration de Colbert àtoutes les administrations précédentes , la pos-térité chérira cet homme, dont le peuple insen-sé voulut déchirer le corps après fa mort. LesFrançais lui doivent certainement leur industripet leur'commerce , et par conséquent cette opu-lence dontles sources diminuent quelquefois dansla guerre, mais qui se r’ouvrent toujours avee