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Pour parvenir à cette heureuse administration,il avait fallu une chambre de justice, et de grandesréformes. H fut obligé de retrancher huit millionset plus de rentes fur la ville, acquises à vil prix,que l’on remboursa sur le pied de l’achat. Cesdivers changemens exigèrent des édits. Le par-lement était en possession de les vérifier depuisfrançais L II fut proposé de les enregistrerseulement à la chambre des comptes, maisl’usageancien prévalut. Le roi alla lui-méme au parle-ment faire vérifier ses édits en 1664. (30)
11 se souvenait toujours de la fronde, de bar-ré t de proscription contre un cardinal son pre-mier ministre, des autres arrêts par lesquels onavait saisi les deniers royaux , pillé les meubleset l’argent des citoyens attachés à la couronne.Tous ces excès ayant commencé par des re-montrances fur des édits concernant les revenusde l’Etat, il ordonna en 1667 que le parlementne fit jamais de représentation que dans la hui-taine après avoir enregistré avec obéissance. Cetédit fut encore renouvelé en 1673. Auffi dans
( 30 ) Ce fut vers ce temps que Co/bert^fít achever lecadastre dans quelques provinces. On ignorait tellementla méthode de faire ces opérations avec exactitude, queTimpôt d’un très-grand nombre de terres en surpassaitle produit, les propriétaires étaient forcés de les aban-donner au fisc. Colbert fit rendre un édit qui défenditaux propriétaires d’abandonner une terre, à moins qu'ilsne renonçassent en même temps à toutes leurs aumspossessions. Des villages entiers laissèrent leurs terres enfriche, et l'on fut obligé de leur accorder des gratifica-tions extraordinaires pour les engager à reprendre 1 a cul-ture. M. de Voltaire ignorait sûrement ces détails, puif-qu’iì parle ici de la science ct du génie de Colbert,