C O t í E S T,
156
fend la- patrie, et les agriculteurs qui la nour-rissent. Déjà par son édit de 1666 il avaitaccordé deux mille francs de pension , qui enfont près de quatre aujourd’hui, à tout gen-tilhomme qui aurait eu douze enfans, et milleà qui en aurait eu dix. La moitié de cettegratification était assurée à tous les habitans desvilles exemptes de tailles ; et parmi les taiìla-bles tout père de famille qui avait, 011 qui avaiteu dix enfans, était à l’abri de toute imposi-tion.
II est vrai' que le ministre Coìbertr ne- fit pastout ce qu’il pouvait faire , encore moins ceqtfil voulait. Les hommes n’étaient pas alorsassez éclairés ; et dans un grand royaume il ya: toujours de grands abus. La taille arbitraire,,la multiplicité des droits , les douanes de. pro-vince à province qui rendent une partie de laFrance étrangère à l’autre et même ennemie,,riiiégalité des mesures d’une. ville à l’autre,vingt autres maladies du corps politique nepurent être guéries. (31.)
( 1 t) Si Colbcrt eût été assez éclairé fur ces objets,S'ìl eût proposé à Louis XIV de détruire ces abus,î’amour de ce prince pour la gloire ne lui eût pointpermis d'héfiter Mais Colbcrt ne connaissait point assezui ces abus, ni les moyens d’y remédier, ni sur-toufcceux ,!'y remédier fans causer a u trésor royal une pertemomentanée 2 tes guerres continuelles et la magnificencede la cour rendaient ce sacrifice bien difficile. Cette caníeest la seule qui, sous un gouvernement ferme, empêchede faire dans radministration dr s finances des changemensutiles. Sous un gouvernement faible il y en existe uneautre , la crainte des hommes pnisstns a qui la destruc-tion des abus peut nuire, ct qui se réunissent pour lesprotéger.