SUPERSTITIONS. l8z
eternelles. II fallut que Rayée écrivit contre lepréjugé vulgaire un livre fameux, que les progrèsde la raison ont rendu aujourd’hui moins piquant.quïi ne rétait alors.
On ne croirait pas que les souverains cuisentobligation aux philosophes. .Cependant il est vraique cet esprit philosophique, qui a gagné presquetoutes les conditions, excepté le bas peuple, abeaucoup contribué à faire valoir les droits dessouverains. Des .querelles, qui auraient produitautrefois des excommunications , des interdits ,des schismes, n’cn ont point causé. Si on a dit queles peuples seraient heureux quand ils auraientdes philosophes pour rois, il est très-vrai de direque les rois en font plus heureux quand il y abeaucoup de leurs sujets philosophes.
II faut avouer que cet esprit raisonnable, qui.commence à présider à l’éducation dans les gran-des villes , n’a pu empêcher les Fureurs des fana-tiques des Cévènes, ni,prévenir la démence dupetit peuple de Paris autour d’uh tombeau àS‘ Alédard , ni calmer des disputes auslì acharnéesque frivoles entre des hommes qui auraient duêtre sages. Mais avant ce siècle, ces disputeseussent causé des troubles dansl’Etat; les mira-cles de S‘ Alédard eussent .été accrédités par lesplus considérables citoyens ; et le fanatisme, ren-fermé clans les montagnes des Cévènes , se fûtrépandu dans les villes.
Tous les genres de science et de littératureont été épuisés dans ce siècle ; ettantd’écrivainsont étendu les lumières de l’esprit humain que