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tnanquetrop souvent à tous ces devoirs. Racinepassa de bien loin et les Grecs et Corneille dansí’intelligence des passions, et porta lá douce har-monie de la poésie, ainsi que les grâces de laparole, au plus haut point où elles puissent par-venir. Ces hommes enseignèrent à la nation àpenser,, à sentir et às’exprimer. Leurs auditeurs,instruits par eux seuls, devinrent enfin des jugessévères pour ceux même qui les avaient éclairés.
11 y avait trés-peu de personnes en France, dtitemps du cardinal de Richelieu , capables de dis-cerner les défauts du Cid; et en 1702 , quandAthalie, le chef-d’œuvre de la scène , fut repré-sentée chez madame la duchesse de Bourgogne,les courtisans se crurent assez habiles pour lacondamner. Le temps a vengé Fauteur ; maisce grand-homme est mort, fans jouir du succès deson plus admirable ouvrage. Un nombreux partise piqua toujours de ne pas rendre justice à Ra-cine. Madame de Sé vigne, la première personnede son siècle pour le style épiítolaire, et sur-toutpour conter des bagatelles avec grâce, croit tou-jours que Racine n’ira pas loin. Elie en jugeaitcomme du cassé , dont elle dit qu on se désabu-sera bientôt. 11 faut du temps pour que les répu-tations mûrissent.
La singulière destinée de ce siècle rendit Mo-lière contemporain de Corneille et de Racine. 11n’est pas vrai que Molière , quand il parut, eût >trouvé le théâtre absolument dénué de bonnescomédies. Corneil!e\in-m.èmt avait donné le Men-teur, pièce de caractère et d’intrigue , prise du