ELOQUENCE. 203
sérieux, avait été imité. Mais heureusement cemélange de la pureté de notre langue avec ladifformité de celle qu’on parlait il y a deux centsans, n’a été qu’une mode passagère. Quelques-unes de ses épîtres font des imitations un peuforcées de Despréaux , et ne sont pas fondées furdes idées aussi claires. et fur des vérités recon-nues: le vrai seul ejì aimable.
II dégénéra beaucoup dans les pays étrangers;soit que l’âge et les malheurs eussent affaibli songénie, soit que, son principal mérite coniiítaiîtdans le choix des mots et dans les tours heureux,mérite plus nécessaire et plus rare qu’on ne pense,il ne fút plus à portée des mémes secours. IIpouvait, loin de fa patrie, compter parmi sesmalheurs celui de n’avoir plus de critiques sé-vères.
Ses longues infortunes eurent leur source dansun amour-propre indomptable, et trop mêlé dejalousie et d’animosité. Son exemple doit êtreune leçon frappante pour tout homme àtalens;mais on ne. le considère ici que comme un écrivainqui n’a pas peu contribué àl’honneur des lettres.
II ne s’éleva guère de grands génies depuis lesbeaux jours de ces artistes illustres, et à peuprès vers le temps de la mort de Louis XIV ,la nature sembla se reposer.
La route était difficile au commencement dusiècle, parce que personne n’y avait marché:elle l’est aujourd’hui, parce qu’elle a été battue.Les grands-hommes du siècle passé ont enseigné àpenser et à parier ; ils ont dit ce qu’on ne savait