réguliers, qui jouissent de deux cents mille livresde rentes. C’est cette énorme disproportion quifrappe et qui excite les murmures. On plaint uncuré de campagne donc les travaux pénibles nelui procurent que fa portion congrue de troiscents livres de droit en rigueur, et de quatre àcinq cents livres par libéralité, tandis qu’un reli-gieux oisif, devenu abbé et non moins oisif, pos-sède une somme immense, etqu’il reqoit des titresfastueux de ceux qui lui font soumis. Ces abusvont beaucoup plus loin en Flandre, en Espagne,et sur-tout dans les Etais catholiques d’Allemagne,où l’on volt des moines princes. (4.1)
Les abus fervent de lois dans presque toute laterre ; et si les plus sages des hommes s'assemblaientpour faire des lois, où est l’Etat dont la formesubsistât entière ?
Le clergé de France observe toujours un usage
(41 ) Cet article est !a meilleure réponse que l’on puissefaire à ceux qui ont accusé M. de Voltaire d’avoir sacrifiéla vérité des détails historiques à ses opinions générales.I) estici très-favorable au clergé. Cependant il résulte de cetteévaluation , portée seulement à quatre-vingt-dix millions ,que l’imp-ôt des vingtièmes mis fur le clergé, comme il Testfur les particuliers, produirait dix millions, somme fortau-dessus de celle où montent les dons gratuits évalués enannuités. Cette même évaluation, en la supposant aufUexacte .que celle qui a servi à Rétablissement des vingtièmes,n-e porterait la masse des biens du clergé qu’à environ unhuitième de la totalité des biens du royaume. Cependant ily a des cantons très-étendus où la dixme feule est pour laplus grande partie de terres environ un cinquième du pro-duit net ; et dans ces mêmes cantons le clergé a des pos-sessions immenses.