SUPPLICE
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glaises et savoyardes dans le Languedoc. Ce pro-jet écrit de fa main, et adressé au duc de Schom-berg, avait été intercepté depuis !ong-temps , etétait entre les mains de l’intendant de la provin-ce. Brujson errant de ville en ville fut saisi àOléron, et transféré, à la citadelle de Montpellier.L’intendant et ses juges l’i.nterrogèrent ; il répon-dit qu’il était l’apôtre de jesus-christ , qu’ilavait requ le S 1 ESPRIT , qu’il ne devait pas tra-hir le dépôt de la foi, que son devoir était de dis-tribuer le pain de la parole à ses fières. On luidemanda si les apôtres avaient écrit des projetspour faire révolter des provinces : on lui montrason fatal écrit, et les juges le condamnèrent tousd’unevoix à être roué vif. 11 mourut t commemouraient les premiers martyrs. Toute la secte,loin de le regarder comme un criminel d’F.tat, nevit en lui qu'un saint, qui avait scellé sa foi de sonsang; et on imprima le martyre.de M. de Brujson..
Alors les prophètes se multiplient, et l’esprit defureur redouble. II arrive malheureusement qu’en1705 un abbé de la maison du Cbaìla. , inspecteurdes missions, obtient un ordre de la cour de faireenfermer dans un couvent deux filles d’un gen-tilhomme nouveau converti. Au lieu de les con-duire au couvent, il les mène d’abord dans sonchâteau. Les calvinistes s’attroupent : on enfon-ce les portes : on délivre les deux filles et quel-ques autres prisonniers. Les séditieux saisissentl’abbé du Cbaìla ; ils lui offrent la vie , s’il veutêtre de leur religion. II la refuse. Un prophètelui crie : Meurs donc , Íej'pïií te condamne , ton
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