8 DISCOURS
(en 171Y. ) Le commerce commence, parexemple, à êíre moins négligé en Suède. L’in-fanterie polonaise est mieux disciplinée, et ades habits d’ordonnance qu’elle n’avait pasalors. 11 faut toujours , lorsqu’on lit une histoire,songer au temps òù fauteur a écrit. Un hommequi ne lirait que le cardinal de Retz prendraitles Franqais pour des forcenés qui ne respirentque la guerre civile, la faction et la folie.Celui qui ne lirait que l’histoire des bellesannées de Louis XIV dirait: Les Franqais fontnés pour obéir, pour vaincre et pour cultiverles arts. Un autre qui verrait les mémoiresdes premières années de Louis XV ne remar.querait dans notre nation que de la mollesse,une avidité extrême de s’enrichir , et tropd’indifférence pour tout le reste. Les Espagnolsd’aujourd'hui ne font plus les Espagnols deChar les-Quint, et peuvent l’être dans quelquesannées. Les Anglais ne ressemblent pas plusaux fanatiques de Cromwdl que les moineset les monjìgnori, dont Rome est peuplée,ressemblent aux Scipions. Je ne fais si les Sué-dois pourraient avoir toutd’un coup des trou-pes aussi formidables que celles de Charles XII .On dit d’un homme : il était brave un tel jour;il faudrait dire, en pariant d’une nation: elieparaissait telle fous un tel gouvernement et enteste année. '
Si quelque prince et quelque ministre trou-vaient dans cet ouvrage des vérités défagréa-