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Vous nous avez donné une partie du journalmilitaire de M. Adlerfeld ; mais, Monsieur, unjournal n’est pas plus une histoire que des maté-riaux ne font une maison. Souffrez qu’on vousdise que l’hìstoìre ne consiste point ainsi à détail- ^ler de petits faits, à produire des manifestes,des répliqués, des dupliques. Ce n'est pointainsi que Qiiìnte- Curce a Composé l’histoireà"Alexandre ; ce n’est point ainsi que Tite-Livtet Tacite ont écrit l’histoire romaine. II y a millejournalistes ; à peine avons-nous deux ou troishistoriens modernes. Nous souhaiterions quetous ceux qui broient les couleurs les donnas,sent à quelque peintre pour en faire un tableau.
Vous n "ignorez pas que M. de Voltaire avaitpublié cette déclaration que votre traducteurrapporte.
“ J'aime la vérité, et je lài d’autre but et„ d’autre intérêt que de la connaître. Lesendroits de mon histoire de Charles XII , où,, je me ferai trompé , seront changés. II est„ très-naturel que M. Norberg , suédois , et„ témoin oculaire , ait été mieux instruit que,, moi étranger. Je me réformerai fur ses mé-„ moires ; j’aurai le plaisir de me corriger. ”
Voilà, Monsieur, avec quelle politesse M.de Voltaire parlait de vous, et avec quelle défé-rence il attendait votre ouvrage ; quoiqu’ií eûtdes mémoires fur le sien des mains de beaucoup i«-'ambassadeursavec lesquels il paraît que vous