Z8 HISTOIRE DE CHARLES XII
en retint assez pour le parler le reste de fa vie.On s’y prit de la même manière pour Fengagerà entendre le français ; mais il s’obstina tantqu’il vécut à np jamais s’en servir, méme avecdes ambassadeurs français, qui ne savaientpoint d’autre langue.
Dès qu’il eut quelque connaissance de lalangue latine, on lui fit traduire j Quinte-Curce :il prit pour ce livre un goût que le sujet luiinspirait beaucoup plus encore que le style.Celui qui lui expliquait cet auteur lui ayantdemandé ce qu’il pensait d’Alexandre ? Je pense,dit le prince , que je voudrais lui rejsemb er.Mais, lui dît-on, il n’a vécu que trente-deuxans. Ah ! reprit-íl, n l est-ce pas ajsez quand oua conquis des royaumes ? On ne manqua pas derapporter ces réponses au roi son père, quis'écrîa : Voilà un enfant qui vaudra tnìeux quemoi ; et qui ira plus loin que le grand Gustave.Un jour il s’amusait dans Fappartement du roià regarder deux cartes géographiques, l’uned’une ville de Hongrie prise par les Turcs furFempereur, et l’autre de Riga , capitale de laLivonie, province conquise par les Suédoisdepuis un siècle. Au bas de la carte de la villehongroise il y avait ces mots tirés du livre deJob: DIEU me l’a donnée, DIEU mêla ôtée, lenom du Seigneur soit béni , Le jeune princeayant lu ces paroles , prît fur le champ unçrayon, et écrivit au bas de la carte de Riga :DIEU tne l’a donnée , le Diable ne me íôtera