ROI DE SUEDE. 43
d’argent, ayant le sceptre à la main et la cou-ronne en tête , aux acclamations de tout unpeuple, idolâtre de ce qui estnouveau , et con-cevant toujours de grandes espérances d’unjeune prince.
L’archevêque d’Upsal est en possession de fairela cérémonie dusacre et du couronnement: c’eftde tant de droits que ses prédécesseurs s’étaientarrogés presque le seul qui lui reste. Après avoir,selon l'usage, donné Fonction au prince , iltenait entre ses mains la couronne pour la luiremettre fur la tête ; Charles Farracha des mains 'de Farchevêque, etse couronna lui-même, enregardant fièrement le prélat. La multitude, àqui tout air de grandeur impose toujours, ap-plaudit à Faction du roi. Ceux même qui avaientle plus gémi fous le despotisme du père, se lais-sèrent entraîner à louer dans le fils cette fiertéqui était Faugure de leur servitude.
Dès que Charles fut maître , il donna fa con.fiance et le maniement des affaires au conseillerPiper, qui fut bientôt son premier ministre, sansen avoir le nom.Peu de jours après il le fit comte;ce qui est une qualité éminente en Suède, et nonun vain titre qu’on puisse prendre fans consé-quence, comme en France.
Les premiers temps de Fadminìstration du roine donnèrent point de lui des idées favorables ;il parut qu’il avait été plus impatient que dignede régner. 11 n’avait à la vérité aucune passiondangereuse ; mais on ne voyait dans fa conduite