ROI DE SUÍDE. 6z
par la perte de mes ennemis. Ma résolutionj, est prise: j'irai attaquer le premier qui se dé-,, clarera; et quand je saurai vaincu , j’espère„ faire quelque peur aux autres. ” Ces parolesétonnèrent tous ces vieux conseillers ; ils seregardèrent fans oser répondre. Enfin, étonnésd’avoir un tel roi , et honteux d’espérer moinsque lui, ils requrent avec admiration ses ordrespour la guerre.
On fut bien plus surpris encore , quand on levit renoncer toutd’un coup aux amusemens lesplus innocens de la jeunesse. Du moment qu’ijse prépara à la guerre , il commenqa une vietoute nouvelle, dont il ne s’est jamais depuisécarté un seul moment. Plein de l’idée d 'Ale-xandre et de César , il se proposa d’imiter toutde ces deux conquérant, hors leurs vices. II neconnut plus ni magnificence , ni jeux, ni dé-lassemens; il réduisit fa table à la frugalité laplus grande. II avait aimé le faste dans les habits ;il ne fut vêtu depuis que comme un simple sol-dat. On l’avaitsoupqonné d’avoir eu une passionpour une femme de sa cour; soit que cette in-trigue fût vraie ou non, il est certain qu’ilrenon-qa alors aux femmes pour jamais , non-seule-ment de peur d’e-n être gouverné, mais pourdonner l’exemple à ses soldats , qu’il voulaitcontenir dans la discipline la plus rigoureuse;peut-être encore par la vanité d’être le seul detous les rois, qui domptât un penchant si diffi-cile à surmonter. II résolut aussi de s’abstenirde vin tout le reste de fa vie. Les urvs m ont