64 HISTOIRE DE CHARLES XI ï
dit qu’il n’avait pris ce parti que pour dompteren tout la nature , et pour ajouter une nouvellevertu à son héroïsme ; mais le plus grand nombrem’a assuré qu’il voulut par là se punir d’un excèsqu’iî avait commis, et d'un affront qu’il avaitfait à table à une femme en présence même de lareine sa mère. Si cela est ainsi , cette condam.nation de soi même , et cette privation qu’ils’imposa toute sa vie, sont une espèce d’héroïsmenon moins admirable.
II commença par assurer des secours au duc deHolstein son beau-frère. Huit mille hommes furentenvoyés d’abord en Poméranie, province voisine duHolstein, pour fortifier le duc contre les attaquesdes Danois. Le duc en avait besoin. Ses Etatsétaient déjà ravagés, son château de Gottorp pris ,fa ville de Tonningue pressge par un siège opiniâtre,où le roi de Danemarck était venu en personne,pour jouir d’une conquête qu’il croyait sûre. Cetteétincelle commençait à embraser l’empire. D’uncôté les troupes saxonnes du roi de Pologne, cellesde Brandebourg, de Volfenbuttel, de Hesse-Cassel,marchaient pour se joindre aux Danois. Del’autre,les huit mille hommes du roi de Suède, les troupesde Hanover et de Zell , et trois régimens deHollande, venaient secourir le duc. (g) Tandisque le petit pays de Holstein était ainsi le théâtrede la guerre, deux escadres, l’une d’Angleterre etl’autre de Hollande, parurent dans la mer Baltique.Ces deux Etats étaient garans du traité d’Altena
(S ) Copié mot pour mot par le F. Barri, tome X, page*93 et suivantes.
rompu