74 HISTOIRE DE CHARLES XII
l’exemple de i’obéissance militaire à fa noblesse ,jusque-là indifciplinable , laquelle était en pos-session de conduire sans expérience et en tumul-te des esclaves mal armés.11 n’était pas étonnantque celui qui s’était fait charpentier à Amster-dam, pour avoir des flottes, fût lieutenant à Ner-va, pour enseignera sa nation sart de la guerre.
Les Russes font robustes, infatigables, peut-être auffi courageux que les Suédois ; maisc’est au temps à aguerrir les troupes, et à ladiscipline à les rendre invincibles. Les seulsrégi mens, dont on pût espérer quelque chose,étaient commandés par des officiers allemands,mais ils étaient en petit nombre. Le reste étaitdes barbares arrachés à leurs Forêts, couvertsde peaux de bêtes sauvages, les uns armés deflèches , les autres de massues : peu avaient desfusils: aucun n’avait vu un siège régulier; ilíi’y avait pas un bon canonnier dans toutel'armée. Cent cinquante canons, qui auraientdû réduire la petite ville de Nerva en cendres,y avaient à peine fait brèche, tandis quel'artillerie de la ville renversait atout momentdes rangs entiers dans les tranchées. Nerva étaitpresque sans fortifications : le baron de fíoont,qui y commandait, n’avait pas mille hommes detroupes réglées ; cependant cette armée innom-brable n’avait pu la réduire en dix semaines.
On était déjà au quinze de novembre, quandle cz3r apprit que le roi de Suède, ayant tra-versé la mer avec deux cents vaisseaux de transeport, marchait pour secourir Nerva. Les Sué-