R O ï DE SUEDE. 107
prétendait peut-être garder jusqu’au bout ladécence de sort caractère , et chasser son roiavec des dehors respectueux ; il lui fit entendreque le roi de Suède paraissait disposé à un accom-modement raisonnable, et demanda humble-ment la permission d’aller trouver le roi. Àu-gujîe accotda ce q u'il ne pouvait refuser, c’est-à-dire la liberté de lui nuire.
Le cardinal primat courut incontinent voir leroi de Suède, auquel il n’avait point encore osése présenter. 11 vit ce prince à Praag, près deVarsovie, mais fans les cérémonies dont onavait usé avec les ambassadeurs de la république.II trouva ce conquérant vêtu d’un habit de grosdrap bleu, avec des boutons de cuivre doré, degrosses bottes,des gants de buffle qui lui venaientjusqu’au coude, dans une chambre fans tapis-serie, où étaient le duc de Holstein son beau-frè r e , le comte Piper son premier ministre , etplusieurs officiers-généraux. Le roi avanqa quel.ques pas au-devant du cardinal ; ils eurentensemble debout une conférence d’un quartd’heure, que Charles finit en disant tout haut :Je ne donnerai ■point la paix aux Polonais q u’ilsriaient élu un autre roi. Le cardinal, quis’atten-dait à cette déclaration, la fit savoir auffi-tôt àtous lespalatinats , les assurant de l’extrême dé-plaisir qu’ildisait en avoir, et en‘même tempsde la nécessité où l’on était de complaire auvainqueur.
A cette nouvelle , le roi de Pologne vit bienqu’il fallait perdre ou conserver son trône par