ROI DB SUEDE. II§
l’autre bout de la Pologne, à la tête de l’élite deses troupes.
Le roi de Danemarck, lié par le traité de Tra-vendal,que son impuissance l’empêchait de rompre,demeurait dans le silence. Ce monarque plein deprudence ri’ofait faire éclater son dépit de voir leroi de Suède si près de ses Etats. Plus loin en tirantvers le sud-ouest, entre les fleuves de l’Elbe et duVeser, le duché de Brême, dernier territoire desanciennes conquêtes de la Suède, rempli de fortesgarnisons, ouvrait encore à ce conquérant les por-tes de la Saxe et de P Empire. Ainsi, depuis l’Océangermanique jusqu’assez près de l’embouchure duBorifthène, ce qui fait la largeur de l’Europe, etjusqu’aux portes de Moscou, tout était dans laconsternation et dans 1 attente d’une révolutionentière. Ses vaisseaux, maîtres de la mer Baltique,étaient employés à transporter dans son pays lesprisonniers faits en Pologne. La Suède, tranquilleau milieu de ces grands mouvemens, goûtait unepaix profonde, et jouissait de la gloire de son roifans en porter le poids, puisque ses troupes victo-rieuses étaient payées et entretenues aux dépensdes vaincus.
Dans ce silence générai du Nord devant les armesde Charles XII , la ville de Dantzick osa lui dé-plaire. Quatorze frégates et quarante vaisseaux detransport amenaient au roi un renfort de six millehommes, avec du canon et des munitions, pourachever le siège de Thorn. II fallait que ce secoursremontât la Vistule. A l’embouchure de ce fleuveest Dantzick, ville riche et libre, qui jouit en Po.