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8 REGENCE DU DUC D’ORLEANS
Le duc du Maine et !e comte de Toulousevinrent alors eux-mêmes présenter requête à lagrand'chambre, en protestant que cette affaire ,où il s’agiffait de la suceeffion à la couronne , nepouvait être jugée que par un roi majeur , ou parles états-généraux. La grand'chambre embarrasséeprit des délais pour répondre.
Enfin le z juillet le régent fit rendre un éditqui fut enregistré le 8 fans difficulté. Cet éditôtait aux enfans légitimés de Louis XIV letitre de princes du sang, que leur père leur avaitdonné contre les lois des nations et du royaume ,en leur réservant seulemçnt la prérogative detraverser, comme les princes du sang, ce qu’onappelle au parlement le parquet : c’est une petiteenceinte de bois. par laquelle ils passent pouraller prendre leurs places ; et de tous les honneursde ce monde, c’est assurément le plus mince. Ainsitout ce qu’avait établi Louis XIV était alorsdétruit, la forme même de son gouvernementavait été entièrement changée.
Des conseils ayant été substitués aux secrétairesd’Etat, le régent lui-mëme eut en ce temps-làune difficulté singulière avec le parlement IIdemanda quel était Tordre de la cérémonie,quand un régent allait en procession avec cecorps. II s’agissait d’une procession à la cathédralede Paris , pour le jour qu’on appelle la Notre-Dame d’aoút, jour où Louis XIII avait mis laFrance fous la protection de la Vierge Marie ,et jour fameux pour les disputes de rang. Leparlement répondit que le régent du royaumedevait marcher entre deux présidons. Le régent