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PARLEMENT EXILÉ
l’autre que de ses richesses de papier qui allaientdisparaître. j
Chaque membre du parlement reçut une let-tre de cachet f. Les gardes du roi s’ernparèrent :de la grand’chambre; ils furent relevés par les 1mousquetaires. Ce corps n’était guère composéalors que de jeunes gens qui mettaient par-toutla gaieté de leur âge Ils tinrent leurs séances furlesfleurs de lis,et jugèrentun chatàmortcommeon juge un chien dans la comédie des plaideurs:on fit des chansons et on oublia le parlement.
Le jeu des actions continua. Les arrêts con-tradictoires du conseil se multiplièrent, la con-fusion fut extrême. Le peuple manquant de painet d’argent se précipitant en foule aux bureauxde la banque pour échanger en monnaie desbillets de dix livres , il y eut trois hommesétouffés dans la presse.-Le peuple porta leurscorps morts dans la cour du palais royal, en secontentant de crier au régent,: voilà le fruit devotre système. Cette aven ture aurait produit unesédition violente, et commencé une guerre ci-vile du temps de la fronde. Le duc à’ Orléans Uttranquillement enterrer les trois corps. II aug-menta le nombre des bureaux où le peuple pour-rait avoir de la monnaie pour des billets debanque ; tout fut appaisé.
Lafs_ ne pouvant résister ni au désordre dont íl jétait fauteur, ni à la haine publique, se démit ■bientôt de sa place , et sortit du royaume beau- jcoup plus pauvre qu’iln’y était entré; victime de 'ses chimères, mais emportant avec lui la gloire ►t so juillet 17SO.