ASSASSINAT DU ROI. 6lEtant alors fans condition, ií allait souventdans la grande salle du palais, dans le tempsde la plus grande effervescence des querellesde la magistrature et du clergé.
La grande salle était alors le rendez-vous detous ceux qu’on appelait jansénistes ; leurs cla-meurs n’avaient point de bornes : l’emporte-ment avec lequel on parlait alluma ^imaginationde Damiens déjà trop échauffée : il conqut seuletsans s’ouvrir à peisonne le dessein qu’ilavouadepuis dans ses interrogatoires et à la torture,dessein le plus fou qui soit jamais tombé dansla tête d’aucun homme. 11 avait remarqué qu’aucollège des jésuites quelques écoliers s’étaientdéfendus à coups de canif lorsqu’ils croyaientêtre punis injustement. II imagina de donner uncoup de canif au roi, non pas pout le tuer, carun tel instrument n’en était pas capable , maispour lui servir de leqon, et pour lui faire craindreque quelque citoyen ne fe servît contre lui d’unearme plus meurtrière.
Le 5 janvier 17571 sept heures du soir, le roiétant prêt de monter en carrosse pour aller deVersailles à Trianon avec son fils ie Dauphin ,entouré de ses grands officiers et de ses gardes,fut frappé au milieu d’eux d’un coup quipénétra de quatre lignes, dans les chairs au-dessus de la cinquième còie; il porta la main àfa blessure, et la retira teinte de quelques goût.tes de sang.
II vit, en se retournant, ce malheureux quiavait son chapeau sur ía tête, et. q tu ëtan préci-