DES P A R L E M E -N 3. ft
d’avoir tenu dss discours qui avaient disposéDamiens à son crime, il fut interrogé, mais aprèsla mort de Damiens. II avoua qu’à la vérité ilavait entendu un jour Damiens parler vivementdes affaires du parlement, et q u'il avait dite était un bon citoyen . On ordonna contre luiun plus ample informé pendant une année,après quoi il fut élargi.
Dans le même temps, le roi fesait enlevertrente, quatre membres du pariement de Besan-çon , qui s’étaient opposés aux édits bursaux ;et des archers les conduisaient dans différentesprovinces. Tous les pariemens du royaume luiadressaient des plaintes. Les avocats ne plai-daient point dans Paris, et tous les citoyensétaient irrités.
Le roi, pourappaiser les cris, donna fixmil-le livres de pension aux deux rapporteurs quiavaient instruit le procès de Damiens, deuxmille au premier greffier, quinze cents au se-cond. Peu d’officiers qui versent leur sang dansles batailles font auífi bien récompensés. Onespérait par-là faire rentrer les autres membresdu parlement dans leur devoir; et tandis qu’onprodiguait les pensions à la gtand-chambre, orioffrait le remboursement de leurs charges àtreize conseillers exilés ; mais on manquaitd’argent ; et la guerre funeste dans laquelle onétait engagé appauvrissait et dépeuplait le royau-me. On changeait de ministre de finances de sixmois en fix mois: c’était montrer la maladiede l’Etat que d’appeler toujours de nouveaux