MÉCONTENTE LE ROI, etC. 8l
de juffion, nouvelle désobéissance. Enfin lemonarque, poussé à bout, leur envoya pourdernière tentative le 20 janvier 1771 à quatreheures du matin des mousquetaires qui portèrentà chaque membre un papier à signer. Ce papierne contenait qu’un ordre de déclarer s’ils obéi-raient ou s’ils refuseraient. Plusieurs voulurentinterpréter la volonté du roi: les mousquetairesleur dirent qu’ils avaient ordre d’eviter les com-mentaires ; qu’il fallait un oui ou un non.
Quarante membres signèrent ce oui , lesautres s’en dispensèrent. (,20) Les oui, étantvenus le lendemain au parlement avec leurscamarades, leur demandèrent pardon d’avoiraccepté, et signèrent non\ tous furent exilés.
La justice fut encore administrée par les con-seillers d’Etat et les maîtres des requêtes,comme elle l’avait été en 1753 ; mais ce ne futque par provision. On tira bientôt de ce chaosun arrangement utile,
D’abordle roi se rendit aux vœux des peuplesqui se plaignaient depuis des siècles de deuxgriefs, dont l’un était ruineux , l’autre honteuxet dispendieux à la fois. Le premier était leressort trop étendu du parlement de Paris, quiobligeait les citoyens de venir de cent cin-quante lieues se consumer devant lui en fraisqui souvent excédaient le capital. Le second
( 30 ) On remarqua que ceux qui dans rassemblée deschambres avaient opiné à continuer le service signèrentnon, se croyant liés par l’arrété de leur corps. I.es plusardens au contraire, intimidés parla présence d’un mous-quetaire, lignèrent oui.