$0 COMMERCE
le paraìtre'à l’ètre ; défaut qu’on a souvent re-proché à ia nation.
Nous avons vu de nos yeux , en 1719 , parquel étonnant prestige cette compagnie rena-quit de ses cendres. Le système chimérique deLass, qui bouleversa toutes les fortunes, et quiexposait la France aux plus grands malheurs,ranima pourtant l’esprit de commerce. On re-bâtit l’édifice de la compagnie des Indes avecles décombres de ce système. Elle parut d’abordaustì florissante que celle de Batavia ; mais ellere le fut effectivement qu’en grands préparatifs,en magasins, en fortifications, en dépenses d’ap-pareil, soit à Pondichéri, soit dans la ville etdans le port de l’Orient en Bretagne, que le mi-nistère de France lui concéda, et qui correspon-dait avec sa capitale de l’Inde. Elle eut une ap-parence imposante ; mais de profit réel, produitpar le commerce, elle n’en fit jamais. Elle nedonna pendant soixante ans pas un seul divi-dende du débit de ses marchandises. F.lle nepaya ni les actionnaires, ni aucune de ses det-tes en France, que de neuf millions que le roilui accordait par année fur la ferme du tabac;de forte qu’en effet ce fut toujours le roi quipaya pour este.
11 y eut quelques officiers militaires de cettecompagnie, qu> lqucs facteurs industrieux quiacquirenfdes richesses dans ì’Inde : mais la com-pagnie se ruinait avec éclat, pendant que cesparticuliers accumulaient quelques trésors. 11n’est guère dans la nature humaine de s’expa-trier, de se t ansporter chez un peuple dontles mœurs contredisent en tout les nôtres,dontil est très-difficile Rapprendre la langue, et im-possible de la bien j arîer , d’exposersa santéans un climat pour lequel on n’est point né ;