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ta compagnie des Indes hollandaise lésaitdéjà des progrès rapides , et celle d’Angleterrese formait, lorsqu’en 1604 le grand Henri ac-corda , malgré l'avis du duc de Sulli , le privi-lège exclusif du commerce dans les Indes à unecompagnie de marchands plus intéressés queriches, et nullement capables de se soutenir pareux - mêmes. On ne leur donna qu’une lettre-patente, et ils restèrent dans l’ïnaction.
Le cardinal de Richelieu créa en 1642 uneespèce de compagnie des Indes ; mais elle futruinée en peu d’années. Ces tentatives semblè-rent annoncer que le génie français n’était pasaussi propre à ces entreprises que le génie atten-tif et économe des Hollandais, et que Pesprit,hardi, entreprenant et opiniâtre des Anglais.
Louis XIV , qui allait à la gloire et à l'avan-tage de fa nation par toutes les routes, fondaen 1664, par les foins de Timmortel Colbert ,une compagnie des Indes puissante : il lui ac-corda les privilèges les plus étendus, et l’aìdade quatre millions tirés, de son épargne, les-quels en feraient environ huit d’aujourd’hui.Mais , d’année en année , le capital et le créditde la compagnie dépérirent. La mort de Colbertdétruisit presque tout. La ville de Pondíchérî,sur la côte de Coromandel, su t prise par les Hol-landais en 169;. Une colonie, établie à Mada-gascar, fut entiètement ruinée.
Ce qui avait été la principale cause du dépé-rissement total de ce commerce* avant la pertemême de Pondichéri , était, à ce qu’on a cru,l’avidité de quelques administrateurs dans l’.ïn-de‘, leurs jalousies continuelles, rintérêt parti-culier qui s’oppofe toujours au bien général,et lavanité qui préfère, comme on disait autrefois,
T. H'iJL du Pari. de Paris. T. II. H