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La partie sur laquelle le grand mogol règne ,ou plutôt semble régner, est sans contredit laplus grande , la plus peuplée , la plus fertileet la plus riche. C’est dans la presqu’île endeçà du Gange que les Français et les Anglaisse disputaient des épices, des mousselines,des toiles peintes, des parfums, des dìamans,des perles, et qu’ils avaient osé faire la guerreaux souverains
Ces souverains qui font comme nous l’avonsdéjà dit, les souda premiers seigneurs féodauxde Fempire, n’ont joui d'une autorité indépen-dante qu’à la mort d ’Attrengzeb appelé le grand,qui fut en effet le plus grand tyran de tous lesprinces de son temps , empoisonneur de sonpère, assassin de ses frères , et pour comblfd’horreur, dévot ou hypocrite, ou persuadé,comme tanc de pervers de tous les témps et detous les lieux , qu’on peut commettre impuné-ment les plus grands crimes en les expiant parde légères démonstrations de pénitence etd’austérité.
Les provinces où règnent ces souba, et où'les nabab règnent sous eux dans leurs grandsdistricts, íe gouvernent très-dìfféremment desprovinces septentrionales plus voisines de Déli,d’Agra et de Lahor, résidences des empereurs.
Nous avouons à regret qu’en voulant con-naître la véritable histoire de cette nation, songouvernement, fa religion et ses mœurs, nousn’avons trouvé aucun secours dans les compila-tions de nos auteurs français. Ni les écrivainsqui ont transcrit des fables pour des libraires,ni nos missionnaires, ni nos voyageurs, nenous ont presque jamais appris ía vérité. Iiya long - temps que nous osâmes réfuter ces