ETAL DE L I N B E. 127
auteurs furie principal fondement du gouver-nement de l’índe. C’est un objet qui importe àtoutes les nations de la terre. Ils ont cru quel’empereur était le maître des biens de tous fessujets, et que nul homme depuis-Cachemire juf-qu’au cap de Comorin n'avait de propriété- Bir-nier , tout philosophe qu’il était, l’écrivit au con-trôleur- général Colbert.C’eût été une imprudencebien dangereuse de parler ainsi à l’administrateurdes finances d’un roi absolu, fi ce roi et ce minis-tre n’avaient pas été généreux et sages . Bernìerse trompait, ainsi que sanglais Thomas Roê.Tous deux éblouis de la pompe du grand mo-gol et de son despotisme , ils s’îmaginèrent quetoutes les terres lui appartenaient en propre,parce que ce sultan donnait des fiefs à vie. C’estprécisément dire que le grand maître de Waltheest propriétaire de toutes les commanderiesauxquelles il nomme en Europe; c’est dire queles rois de France et d’Espagne sont les pro-priétaires de toutes les terres dont ils donnentles gouvernemens, er que tous les bénéficesecclésiastiques font leur domaine. Cette mêmeerreur, préjudiciable au genre humain, a étécent fois répétée fur le gouvernement turc,et a été puisée dans la même source. On a con-fondu des timars et des deszaïm , bénéfices mi-litaires donnés et repris par le grand seigneur,avec les biens de patrimoine. C’est assez qu’unmoine grec l’ait dit le premier pour que centécrivains l’aîent répété.
Dans notre désir sincère de trouver la vérité etd’être un peu utile, nous avons cru ne pouvoirmieux faire, pour constater l’état présent de Elu-de, que de nous en rapporter à M. Hofaell, qui ademeuré si long-temps dans le Bengale, et qui anon-séulement possédé la langue du pays mais