III
ETAT DE L'iNDE.
eien pays que les Grecs nommaient ParapomiTe,n’ayant jamais appelé aucun peuple par son nom.C’est par-là qu'Alexandre entra dans l’inde. LesOrientaux prétendent qu’il fonda la ville deCandahar ; iis disent que c’elt une abréviationà'Alexandre qu’ils ont appelé Iscundar , Nousobserverons toujours que cet homme uniquefonda plus de villes en sept ou huit ans que lesautres conquérans n'en ont détruit; qu’il cou-rait cependant de conquête en conquête, etqu’il était jeune.
C’est auiïì par Candahar que passa de nos joursce Nadir , berger, natif de Corassan, devenuroi de Perse, lorsqu 'ayant ravagé sa patrie il vintravager le nord de l’Inde.
Ces Arabes dont nous parlons aujourd’huifont connus fousje nom de Patanes, parce qu’ilsfondèrent la ville de Patna vers le Bengale.
Nos marchands d’Europe, très mal instruits,appelèrent indistinctement maures tous cespeuples mahométans. Cette méprise vient de ceque les premiers que nous avions autrefois con-nus étaient ceux qui vinrent de Mauritanie con-quérir l’Espagne, une partie des provinces mé-ridionales de la France et quelques contrées del’Italie. Presque tous les peuples , depuis 1aChine jufqu’à Rome, victorieux et vaincus,voleurs et volés, se font mélés ensemble.
Nous appelons Getitousles vrais indiens, deî’ancien mot Gentils, Gentes , dont les premierschrétiens désignaient le reste de l.’univers quin’était pas de leur religion secrète. C’est ainstque tous les noms et toutes les choses ont tou-jours changé. Les mœurs des conquérans ontchangé de même : le climat de l’inde les apresque tous énervés.