m REVOLUTIONS
Le trésor dont Nadir se contenta , et qui nelui servit de rien, puisqu’il fut assassiné quelquetemps après par son neveu, se montait, à cequ’on nous assure, à plus de quinte cents mil-lions , monnaie de France, selon la valeur nu-méraire présente de nos espèces. Que font deve-nues ces richesses immenses? En quelques mainsque de nouvelles rapines en aient fait passer unepartie, et quelles que soient les cavernes oùi’avarice et la crainte enfouissent Pautre, la Perseet l’Inde ont été également les pays les plus mal-heureux de la terre; tant les hommes se font tou-jours efforcés de changer en calamités effroya-bles tous les biens que la nature leur a faits. LaPerse etl’Inde ne furent plus, depuis la victoireet la mort de Nadir , qu’une anarchie sanglante.C’étaient les mêmes torrens de révolutions.
ARTICLE IX.'
Suite des révolutions.
Un jeune valet persan, qui avait servi en qua-lité de pcrte-massue dans la maison du Wn-à-dir, se fit voleur de grand chemin, comme Pavaitété son maître. II eut avis d’un convoi de troismille chameaux chargés d'armes, de vivres etd’une grande partie de l*or emporté de Déli parles Persans, II tua l’escorte, prit tout le convoi,
répond dans ses provinciales que son nom n’eft pas ported’enfer. La plupart de ces aventures et de ces réponses, at-tribuées d’âge en âge à tant d’hommes célèbres sortirent(l’abord de l’imagination des auteurs qui voulurent égayerleurs romans > et font répétées encore aujourd’hui par ceuxqui écrivent des histoires fur des collections de gazettes.Tous ces bons mots prétendus, tous ces apophthègmesgroffiil'ent des ana. On peut s’en amuser , et non les croire.