ET DE CO R OMAN DE L. LZr
En alla'nt toujours au Midi fur le rivage decette péninsule, qui se resserre de plus en plus,les Hollandais ont encore pris aux Portugais laforteresse qu’ils avaient dans le royaume de Co-chin, petite province qui dépendait autrefoisde ce roi des rois, zamorin de Calicut. II y après de trois siècles que ces souverains voientdes marchands armés venus d'Europe s’établirdans leurs territoires, se chasser les uns les au-tres, et s’emparer tour à tour de tout le com.merce du pays, fans que les habitans de troiscents lieues de côtes aient jamais pu y mettreobstacle.
Travancor est la dernière terre qui termine lapresqu’île. On est surpris de la faiblesse des voya-geurs et des missionnaires qui ont titré de royau-me le petit pays de Travancor, aussi-bien quetous ces autres assemblages de riches bourgadesque nous venons de parcourir. Pour peu que cesroyaumes eussent occupé chacun cinquantelieues, seulement le long de la côte, il y auraitplus de douze cents lieues depuis Surate jus-qu’au cap Comorin; et si on avait converti la cen-tième partie des Indiens parmi lesquels il n’yapas un chrétien,il yen aurait plusd’unraillion.(A)
(A) Un jésuite nommé Martin raconte, dans le cin-quième volume des lettres curieuses et édifiantes, qué c’eftune coutume vers Travancor de faire un fonds tous les anspour le distribuer par le fort. Un indien , dît il, fit vœu àSt François Xavier de donner une somme aux jésuitess’il gagnait ì cette espèce de loterie. II eut le gros lot: ilfit encore un vœu et eut le second lot. Cependant, ajoutele jésuite Martin, eet indien conserva, ainsi que tous sescompatriotes , une horreur invincible pour la religion desFrancs , qu’ils appellent le franguinisme. C’était un ingrat.Qu’on joigne à tous ces traits, dont les lettres curieusesfont remplies, les miracles attribués & St François Xavier,ses fermons dans tous les idiomes de l’Inde et du Japondès qu’il débarquait dans ces pays, les neuf morts ressus-cités par lui, les deux vaisseaux dans lesquels il se trouva