DANS LE BENGALE. I49
le tour du monde, et ceux que tant d’autresamiraux acquirent par tant de prises, augmen.tètent l’opulence de la nation.
Depuis les victoires du lord Clive , les Anglaisont régné dans le Bengale ; les nabab, qui ontvoulu les attaquer, ont été repoussés. AI aisenfin, on a craint à Londres que la compagniene pérît par l’excès de son bonheur , comme lacompagnie française a été détruite par la discor-de, la disette, la modicité des secours venustrop tard, les changemens continuels de minis-tres , qui, ne pouvant avoirfur l’Inde que desidées confuses et fausses, changeaient au hasarddes ordres donnés aveuglément par leursprédécesseurs.
Tous les malheurs de la France retombaientnécessairement fur la compagnie. On ne pouvaitla secourir efficacement, quand on était battuen Allemagne, qu’on perdait le Canada, iaMartinique, la Guadeloupe en Amérique, l’ììede Gorée en Afrique, tous les établissemens furle Sénégal; que tous les vaisseaux étaient pris,et qu’enfin le roi et les citoyens vendaient leurvaisselle pour payer des soldats ; faible ressourcedans de si grandes calamités.
ARTICLE XIII.
Arrivée du général Lalli,sessuccès, ses traverses.
Conduite d’itn jésuite nommé Lavaur.
C e fut dans ces circonstances que le généralLalli et le chef d'escadre d 'Aché, après avoirséjourné quelque temps à l’île de Bourbon ,entrèrent dans la rade de Pondíchéri, le 28 avril17 ;8. Le vaisseau , nommé le Comte de Provence ,qui portait le général, fut íaJué de coups de