174 CONTRE LE TEST. POLITIQUE
cardinal de Richelieu zxús. autant h craindre eìu roi ,■pour qui il risquai t tout , que durefsentiment deceux qu il forçait d'obéir Ses aigreurs, les défian-ces, les mécontentemens réciproques allaient tousles jours fi loin entre le roi et le ministre , que legrand-écuyer Cinq.Mars proposa au roi d’afiassi-ner le cardinal de Richelieu comme le maréchald’ Ancre , et s’offrit pour l’exécution ; c’est ceque Louis XIII dit lui-même dans une lettre auchancelier Sèguier , après la conspiration de Cinq-Mars. Le roi avait donc mis son favori à portéede lui faire cette proposition étrange., Est-ce dansune telle situation qu’on se donne la peine defaire pour un roi d’un âge mûr, qu’on redoute etdont on est redouté , un recueil de préceptesqu’un père oisif pourrait tout au plus laisser à sonfils encore dans l’enfance ? II me íêmble que lecœur humain n’est point fait ainsi. Cette raisonne sera pas d’un grand poids auprès d’un savant,mais elle fait impression fur ceux qui connaissentles hommes.
V I.
Supposons pourtant qu’un homme, tel quele cardinal de Richelieu , eût voulu donner eneffet au roi son maître des conseils pour gouverneraprès fa mort, comme il lui en avait donné pen-dant fa vie : quel est l’homme qui en ouvrant celivre ne s’attendra pas à voir tous les secrets ducardinal de Richelieu développés, et la grandeuret la hardiesse de son génie respirant dans son