ABUS DE L*IN TOLERANCE. §0§
fin du troisième chapitre à dire que la seule foiglorifie, et que les œuvres ne justifient personne»S 1 Jacques ,au contraire, dans son épître aux douzetribus dispersées par toute la terre , chapitre II,ne cesse de dire qu’on ne peut être sauvé sans lesœuvres. Voilà ce qui a séparé deux grandescommunions parmi nous, et qui ne divisa pointles apôtres.
Si la persécution contre ceux avec qui nousdisputons était une action sainte, il faut avouerque celui qui aurait fait tuer le plus d’hérétiquesserait le plus grand saint du paradis. Quelle figurey ferait un homme qui se serait contenté dedépouiller ses frères , et de les plonger dans descachots auprès d’un zélé qui en aurait massacrédes centaines le jour de la S‘- Barthélemi ? Envoici la preuve.
Le successeur de S‘ Pierre et son consistoire nepeuvent errer ; ils approuvèrent, célébrèrent,consacrèrent faction de la S c Barthélemi ; donccette action était très-fainte ; donc de deux assas-sins égaux en piété celui qui aurait éventré vingt-quatre femmes grosses huguenotes, doit être élevéen gloire du double de celui quin’en aurait éven-tré que douze ; par la même raison les fanatiquesdes Cévènes devaient croire qu’ils feraient élevésen gloire à proportion du nombre des prêtres,des religieux ct des femmes catholiques qu’ils au-raient égorgés. Ce sont-là d’étranges titres pourla gloire éternelle.
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