338 SI L’INTOLER. A ÉtÉ ENSEIGNEE
pour conclure qu’il faut haïr son père et fa mère?et ne comprend-on pas aisément queces parolessignifient : Ne balancez pas entre moi et vos pluschères affections ?
On cite le passage de S 1 Matthieu : (f) Qui n'è-coute point l’Eglise ,soit comme un païen et com-me un receveur de la douane. Cela ne dit pasassurément qu’on doive persécuter îes. païens etles fermiers des droits du roi; ils font maudits, ilest vrai, mais ils ne font point livrés au bras sécu-lier. Loin d’ôter à ces fermiers aucune préroga-tive de citoyen , on leur a donné les plus grandsprivilèges ; c’est la feule profession qui soit con-damnée dans l’Ecriture, etc’estla plus favoriséeparies gouvernemens. Pourquoi donc n’aurions-nous pas pour nos frères errans autant d’indul-gence que nous prodiguons de considération ànos frères les traitans 1
Un autre passage, dont on a fait un abus gros-sier , est celui de S‘ Matthieu et de S‘ Marc , oùil est dit que jesus ayant faim le matin, appro-cha d’un figuier où il ne trouva que des feuilles,car ce n’était pas le temps des figues : il mauditle figuier qui fe sécha aussitôt.
On donne plusieurs explications différentes dece miracle ; mais y en a- t-il une feule qui puisse au-toriser la persécution ? Un figuier n'a pas pu donnerdes figues vers le commencement de mars, on l’aséché : est ce uné raison pour faire sécher nos■frères de douleur dans tous les temps de l’année?Respectons dans l’Ecriture tout ce qui peut faire
(<) Saint Matthieu, chap. XVtíl , v. 1?.