346 TEMOIGNAGES CONTRE L’INTOL.
Si le ciel vous a assez aimé pour vous faire voir]a vérité, il vous a fait une grande grâ;e ; mais est-ce à ceux qui ont l’héritsge de leur père, de haïrceux cjui nel’ont pas? (£'/}?/-«: desLoìsJiv.XXV.')
On pourrait faire un livre énorme , tout com-posé de pareils passages. Nos histoires, nos dis-cours , nos sermons, nos ouvrages de morale ,nos catéchismes, repirent tous, enseignent touSaujourd’hui ce devoir sacré de l’indulgence. Parquelle fatalité, par quelle inconséquence démen-tirions-nous dans la pratique une théorie que nousannonqons tous les jours ? Quand nos actionsdémentent notre morale, c’est que nous croyonsqu’il y a quelque avantage pour nous à faire lecontraire de ce que nous enseignons; mais cer-tainement il n’y a aucun avantage à persécuterceux qui ne sont pas de notre avis, et à nous enfaire haïr. II y a donc, encore une fois . del’abfurdité dans l’intoîérance. Mais, dira-t-on,ceux qui ont intérêt à gêner les consciences nefont point absurdes. C’est à eux que s’adressele petit dialogue ci-après.
Dialogue entre un mourant et un hommequi sc porte bien.
Un citoyen était à l’agonie dans une villede province ; un homme en bonne santé vintinsulter â ses derniers inomens, et lui dit:
Misérable! pensa comme moi tout à-i’heure :signe cet écrit, confesse que cinq propositionsfont dans un livre que ni toi ni moi n’avonsjamais lu ; foi* tout - à-i’heure du sentiment deLanfrant contre Berengcr , de S‘ Thomas contreS 1 Bonaventure ; embrasse le second concile de