348 DIALOGUÉ ENTRE UN MOURANT
dans un cimetiè re, et a femme, tes enfans aurontde quoi vivre. Meurs en hypocrite : l’hypocrisieest une bonne chose ; c’eit , comme on dit, unhommage que le vice rend à la vertu. Un peud’hypocrisie, mon ami, qu’est-ce que cela coûte?
LE M O U K A N T.
Hélas! vous méprisez dieu , ou vous ne lereconnaissez pas , puisque vous me demandez unmensonge à l’article de la mort, vous qui devezbientôt recevoir votre jugement de lui, et quirépondrez de ce mensonge.
LE BARBARE.
Comment, insolent ! je ne reconnais pointdieu ?
LE MOURANT.
Pardon, mon frère, je crains que vous n’enconnaiffisz pas. Celui que j’adore ranime en cemoment mes forces, pour vous dire d’une voixmourante , que fi vous croyez en DIEU, vousdevez user envers moi de charité. U m’a donnéma femme et mes enfans, ne les faites pas périrde misère. Pour mon corps, faites - en ce quevous voudrez, je vous l’abanconne ; mais croyezen dieu , je vous en conjure.
LE BARBARE.
Fais, fans raisonner, ce que je t’ai dît ; jele veux , je l’ordonne.
LE M O U R A N T.
Et quel intérêt avez-vous à me tant tourmenter?
LE BARBARE.
Comment! quel intérêt? Si j’aì ta signature,elle me vaud a un bon canonicat.
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