A LA CHINE.
359
injures. L’honnctc mandarin eut bien de la peinsà mettre le hola, et leur dit : Si vous voulez qu’ontolère ici votre doctrine, commencez par n’ètreni intolérans ni intolérables.
Aa sortir de l’audience; le jésuite rencontra unmillionnaire jacobin ; il lui apprit qu’il avaitgagné sa cause, rassurant que la vérité triomphaittoujours. Le jacobin lui dit: Si j’avais été là,vous ne l’auriez pas gagnée ; je vous aurais con-vaincu de mensonge et d’idolâtrie. La querelles’écìiauffa ; le jacobin et le jésuite se prirent auxcheveux. Le mandarin informé du scandale lesenvoya tous deux en prison. Un sous-mandarindit su juge : Combien de temps votre excellenceveut-ellequ’ils soient aux arrêts? Jusqu’àce qu’ilssoient d’accord, dit le juge. Ah! dit le sous-man-darin, ils seront donc en prison toute leur vie. Hébien, dit le juge, jusqu’à ce qu’ils se pardonnent,lis ne se pardonneront jamais, ditl’autre , je lesconnais. Héhiendonc, dit le Mandarin, jusqu’àce qu’ils fassent semblant de se pardonner.
S’il est utile d’entretenir le peuple dant lasuperstition.
Telxe est la faiblesse du genre-humain, ettelle sa perversité qu’il vaut mieux sans doute pourlui d’être subjugué par toutes les superstitionspossibles, pourvu qu’elles ne soient point meur-trières, que de vivre fans religion. L’homme atoujours eu besoin d’un frein ; et quoiqu’íl fûtridicule de sacrifier aux Faunes, aux Sylvains, auxNaïades, ii était bien plus raisonnable et plusutile d’adorer ces images fantastiques dehDivinité