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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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LE PEUPLE DAìJS LA SUPERSTITION Z6l

naient aisé mer/1 que S‘ Genou guérissait de lagoutte,et queS í£ Claire guérissait les yeux malades.Les enfans croyaient au loup-garou, et les pèiesau cordon de S‘ François. Le nombre des reliquesétait innombrable.

La rouille de tant de superstitions a subsistéencore quelque temps chez les peuples, lors mêmequ’enfin la religion fut épurée. On fait que quandM. de Nouilles, évêque de Châlons, fit enlever etjeter au feu la prétendue relique du saint nombrilde jesus-christ, toute la ville de Châlons lui fitun procès ; mais il eut autant de courage que depiété, et i! parvint bientôt à fairecroire aux Cham-penois qu’on pouvait adorer jesus-christ enesprit et en vérité, sans avoir son nombril dansune Eglise.

Ceux qu’on appelait jansénistes ne contribuè-rent pas peu à déraciner insensiblement dans Fes-prit de la nation, la plupart des fausses idées quidéshonoraient la religion chrétienne. On cessade croire qu’il suffisait de réciter l’oraison destrente jours à la vierge Marie , pour obtenir toutce qu’on voulait, et pour pécher impunément.

Enfin, la bourgeoisie a cpmraencé à soupconnerque ce n’était pas S te Geneviève qui donnait ouarrêtait la pluie, mais que c’était dieu lui-mêmequi disposait des élémens. Les moines ont étéétonnés que leurs saints ne fissent plus de miracles,et si les écrivains de la vie de S‘ FrançoisXavierrevenaient au monde , ils isoleraient pas écrireque ce saint ressuscita neuf morts, qu’il fe trouvaen même temps fur mer et fur terre, et que fa»

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