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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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H66 v E L A TOLERANCE

firent infiniment moins de mal ; et le plus grand -eju’ils firent, fut de se prêter enfin eux-mémes àges disputes fatales.

De la tolérance universelle.

II ne faut pas un grand art, une éloquence bienrecherchée, pour prouver que des chrétiens doi-vent se tolérer ks uns les autres. Je vais plus loin ;je vous dis qu’il faut regarder tous les hommescomme nos frères. Quoi ! mon frère le turc ? monfrère le chinois? le juif? le siamois? Oui fansdoute ; ne sommes-nous pas tous enfans du mêmepère, et créatures du même DIEU?

Mais ces peuples nous méprisent ; mais ils noustraitent d’idolâtres ! Hé bien! je leur dirai qu’ilsont grand tort 11 me semble que je pourrais éton-ner au moins Forgueilleufe opiniâtreté d’un iman,ou d’un talapom , fi je leur parlais à peu près ainsi :

Ce petit globe, qui n’est qu’un point, rouledans l’espace, ainsi que tant d’autres globes ; nousfemmes perdus dans cette immensité. L’hommehaut d’environ cinq pieds est assurément peu dechose dans la création. Un de ces êtres impercep-tibles dit à quelques-uns de ses voisins, dans l’Ara-bie, ou dans la Cafrede; “ Ecoutez-moi, carie„ dieu de tous ces mondes m’a éclairé ; il y a3 , neuf cents millions de petites fourmis comme3, nous fur la terre, mais il n’y a que ma fourmil-p Hère qui soit chère à dieu , toutes les autres lui33 font en horreur de toute éternité ; elle-fera feule», heureuse, et toutes k s autres seront éterneile-33 ment infortunées. ”