* T' MONTESQUIEU.philosophe , & Montesquieu ua.bel-esprir hu-main.
C.
Je suis assez de cet avis. La vie est trop courte,& on a trop de choses à faire pour apprendrede Grotìus , que , selon Tertullien-, la cruauté ,la fraude & Vinjufiice font les compagnes de laguerre ; que Carnéade défendait le faux commele vrai ; qu 'Horace a dit dans une satire , lanature ne peut discerner le jufle de Vinjufie ; ,a)
(st) Ncc natura potest juflo se.cerncre iniquum.
Ce cruel vers se trouve dans la troisième satire. Horaceveul prouver contre les stoïciens , que tous les délits nefont pas égaux. Il faut , dit*il, que. ìa peine soit propor-tionnée à la faute.
Régula peccatis qua pœtias irroget cequas»
C'est la raison , la loi naturelle qui enseigne cette jus-tice ; la nature connaît donc le juste & Tinjuste. Il estbien évident que la nature enseigne à ícutes les mèresqu’il vaut mieux corriger son enfant que de le tuer Jqu'il vaut mieux lui donner d» pain que de lui creverun œil ; qu'il est plus juste de secourir son père que cele laisser dévorer pas nue bêìe féroce , S* plus juste deremplir fa promesse que de la violer.
II y a dans Horace avant ce vers de mauvais exemple ;Nec natura pottji j u fl o secernere ir.iquum , la nature nepeut discerner le juste do l’injuste j il y a , dis-je , un autrevers , qui semble dire tout le contraire : Jura inventa metainjusti fateai e necejse est.
II faut avouer que les lois n’ont été inventées quepar la crainte de ì'injustice. .
La nature avait donc discerné le juste & Tinjuste avantqu'il y eút des lois. Pourquoi ferai t-il d’un aurre avisque Cicéron , & que tous les moralistes qui admettentia loi naturelle Y Horace était un débauché qui recom-mande les filles de joie Lc les petits garçons, j'tn con-yiens ■ qui se .moque des pauvres vieilles s <faccord j qui.