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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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a- m r. 24?

les hommes n’en révérèrent pas moins l’écolede Platon .

En un mot , chez les Grecs & chez lesRomains, autant de sectes , autant de manièresde penser sur dieu , sur l’ame, sur le pasié 6 esur l'avenir : aucune de ces sectes ne fut per-sécutante. Toutes se trompaient, & nous ensommes bien fâchés ; fnais toutes étaient pai-sibles , & c’est ce qui nous confond ; c’esl cequi nous condamne ; c’est ce qui nous faitvoir que la plupart des raisonneurs d’aujour-d'nui font des monstres , & que ceux de l’an-tiquité étaient des hommes. On chantait publi-quement fur le théâtre de Rome : Poji mortenttiihil est ; ipsaque mors nihil. « Rien n'est après» la mort ; la mort même n’est rien. » Cesfenrimens ne rendaient les hommes ni meilleursni pires ; tout se gouvernait, tout allait à l'or-dinaire , & les Titus , les Trajans , les Marc -Aurèles gouvernèrent la terre en dieux bien-fesans.

Si nous passons des Grecs & des Romainsaux nations barbares , arrêtons-nous seulementaux Juifs. Tout superstitieux, tout cruel & toutignorant qu’érait ce misérable peuple , il hono-rait cependant les pharisiens qui admettaient lafatalité de la destinée & la métempl'ycok ; ilportait aussi respect aux saducéens qui niaientabsolument l’immortalité de l’ame & l’existencedes esprits ,<& qui se fondaient sur la loi deMoïse , laquelle 11’avait jamais parlé de peineni de récompense après la mort. Les esséniensqui croyaient aussi la fatalité, & qui ne sacri-fiaient jamais de victimes dans le temple , étaientencore plus révérés que les pharisiens St

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