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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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284 AMÎlïFICATIOKi'

qu’on doit dire , on n’amplifie pas ; & quandon l’a dit, si on amplifie, on dit trop. Présenter

raies t point ; les amans lofaient rien demander, &c'était tout au plus après dix ans d’amouï pur , decombats, de victoires rempotées dans les jeux, &c.,qu’un chevalier pouvait espérer de trouver un momentde faiblesse. II nous reste assez de monumeus de ce temps,pour nous montrer quelles étaient les mœurs que cou-vrait cette espèce d’hypocrifie. Il en fut de même à peuprès chez les Grecs devenus polis ; les liaisons intimesentre des hommes n’avaient plus rien de honteux* lesjeunes gens réunissaient par des sermens , mais c'étaitceux de vivre Sc de mourir pour la patrie ; on Ratta-chait à un jeune homme , au sortir de l’enfance , pourle former , pour l'inctruire , pour le guider ; la passionqui Ce mêlait à ces amitiés, était une forte d’amour,snais d’amour pur, C'était feulement fous ce voile ,clont la décence publique couvrait les vices , qu’ilsétaient tolérés par l’opinion. * û . *•

Enfin , de même que l'on a souvent entendu chez leípeuples modernes faire l’éloge de la galanterielerefque , comme d’une institution propre à.élever tLWtzj,a inspirer le courage, on fit aussi chez le* Grec$,fçiloge de cet amour qui unissait les citoyens entr’eux»

Platon dit que les Thébains firent une chose utile dele prescrire , parce qu’ils avaient besoin de polir leur*mœurs , de donner plus d’activité à leur ame , à learesprit engourdis par la nature de leur climat & de leurfol. On voit qu'il ne s’agit ici que d’amitié pure. C’estaiuiì que , lorfqu’un prince fefait publier un tournois oàchacun devait paraître avec les couleurs de fa dame,il avait l’insension louable d’exciter l'émulation de seschevaliers , & d’adoucir leurs mœurs J ce n'était pointl’adultère , mais feulement la galanterie qu’il voulaitencourager dans ses Etats. Dans Athènes, suivant Platon,on devait fe borner k la tolérance. Dans les Éials mo-narchiques, il était utile d’empêcher ces liaisons, entreles hommes j mais elles étaient dans les républiques unobstacle a Rétablissement durable de la tyrannie. Un tyran,on immolant un citoyen , ne pouvait savoir quels vengeursil allait aime* contre lui j il était exposé fans cesse à