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I! y eut, en divers temps, un fi.grand nombrede martyrs , qu’ii faut bien fe donner de gardetì’ébranler la vérité de l'histoire de ces véri-tables confesseurs de notre sainte religion ,par un mélange dangereux de fables & de fauxmartyrs.
Le bénédictin Dom Ruìnart, par exemple,homme d’ailteurs aussi instruit qu’estimable &zélé , aurait dû choisir avec plus de discrétionses actes sincères. Ce n'est pas assez qu’unmanuscrit soit tiré de Fabbaye de St Benoît-íur-Loire, ou d’un couvent de célestins deParis, conforme à un manuscrit des feuillans,pour que cet acte soit authentique; il faut quecet acte soit ancien , écrit par des contempo-rains , Sr qu’il porte d’ailleurs tous les carac-tères de la vérité.
II aurait pu fe passer de rapporter Faventuredujeune Romanus, arrivée en 30;. Ce jeuneromain avait obtenu son pardon de Dìoclétiendans Antioche. Cependant il dit que le jugeAfclépiade le condamna à être brûlé. Des Juifspréíèns à ce spectacle fe moquèrent du jeuneSt Romanus , & reprochèrent aux chrétiensque leur Dieu les laissait brûler, lui qui avaitdélivré Sidrac , Mìfac & Abdenago de la four-naise ; qu’auísitót il s’éleva , dans le temps leplus serein , un orage qui éteignit le feu ;qu’alors le juge ordonna qu’on coupât la langueau jeune Romanus que le premier médecinde l’empereur se trouvant îà , fit officieusementla fonction de bourreau , & lui coupa la languedans ia racine ; qu’aussitôt le jeune homme , quiétait bègue auparavant, parla avec beaucoupde liberté , que l’empereur fut étonné que l ot.