ÉPREUVE. 175
ta plus terrible de toutes était de porter ,dans l’espace de neuf pas , une barre de ferardent fans fe brûler. Aussi ï’UiJìoire du moyenâge , quelque fabuleuse qu’elle soit , ne rap-porte aucun exemple de cette épreuve , ni decelle qui consistait à marcher sur neuf contresde charrue enflammés. On peut douter detoutes les autres , ou expliquer les tours decharlatans dont on fe servait pour tromperles juges. Par exemple , il était très-aifé defaire l’épreuve de Peau bouillante impunément ;on pouvait présenter un envier à moitié pleind’eau fraîche -, & y verser juridiquement de lachaude , moyennant quoi l’accusé plongeait samain dans de l’eau tiède jufqu’au coude , &prenait au fond Panneau béni qu’on y jetait.
On pouvait faire bouillir de l’huile avec dePeau ; Phuile commence à s’élever, à jaillir,à paraître bouillonner quand l’eau commenceà frémir ; & cette huile n’a encore acquis quetrès-peu de chaleur. On semble alors mettrefa main dans Peau bouillante ; & on l’humected’une huile qui la préserve.
Un champion peut très - facilement s’êtreendurci jusqu'à tenir quelques secondes unanneau jeté dans le feu , fans qu’il reste degrandes marques de brûlure.
Passer entre deux feux fans se brûler n’estpas un grand tour d’adrelfe quand on passefort vite , & qu’on s’est bien pommadé le visage& íes mains. C’est ainsi qu’en usa ce terriblePierre Aldobratidin , Petrus Igneus , ( supposéque ce conte soit vrai ) quand il passa entredeux bûchers à Florence pour démontrer avecì’aíde de dieu , que son archevêque était un
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