aio * "ESPRIT.
Et tomhe entre leurs mains plutôt qu’anx mains d’uáprince,
Qui doit à mon époux son trône & sa province.
Passons fur la petite faute de style, & con-sidérons combien ce discours est décent & dou-loureux ; il va au cœur, tout le reste éblouitl’efprit un moment & ensuite le révolte.
Ces vers naturels charment tous les specta-teurs ;
O vous ! à ma douleur, objet terrible 8c tendre,Éternel entretien de haine 8c de pitié,
Restes du grand Pompée, écoutez fa moitié, &c,
C’est par ces comparaisons qu’on se formele goût, & qu’on s'accoutume à ne rien aimerque le vrai mis à fa place. ( * )
Cléopâtre , dans la même tragédie, s’exprimeginsi à fa confidente Charmion :
Apprends qu’une princesse aimant fa renommes,Quand elle dit qu 1 elle aime est sûre d'étre aimée £
Et que les pins beaux feux dont son cœur soit éprisN’oseraient Pexposer aux bontés d'ua mépris .
Charmion pouvait lui répondre : Madame,je n’entends pas ce que c’est que les beaux feuxd’une princesse qui n’oferaient l’expofer à deshontes. Et à l’égard des princesses qui ne disentqu'elles aiment que quand elles sont sûres d’êtreaimées, je fais toujours Je rôle de confidenteà la comédie , & vingt princesses m’ont avgué
( * ) Voyez Goût ,