ÉTATS , COOVER.N’EBIEN’S»
L’homme de robe & le financier se trou-veraient mieux en France qu’ailleurs.
Mais quelle patrie choisirait un homme sage,libre, un homme d’une fortune médiocre , &sans préjugés ?
Un membre du conseil de Pondichéri, allersavant, revenait en Europe par terre avec unbrame , plus instruit que les brames ordinaires.Comment trouvez-vous le gouvernement dugrand-mogol, dit le conseiller ? abominable ,répondit le brame. Comment voulez-vous qu’unEtat soit heureusement gouverné par des Tar-tares ? Nos raïas, nos omras, nos nababs sontfort contens , mais les ciioyens ne le sontguère ; & des millions de citoyens font quelquechose.
Le conseiller & le brame traversèrent enraisonnant toute la haute Asie. Je fais uneréflexion , dit le brame, c’est qu'il n’y a pasune république dans toute cette vaste partiedu monde. 11 y a eu autrefois celle de Tyr,dit ie conseiller , mais elle n’a pas duré long-temps ; il y en avait encore une autre versPArabie pétrée , dans un petit coin nomméîa Palestine , si on peut- honorer du nom darépublique une horde de voleurs & d’usuriers ,tantôt gouvernée par des juges , tantôt pardes espèces de rois, tantôt par des grandspontifes, devenue esclave sept ou huit sois,& enfin chassée du pays qu’elle avait usurpé.
Je conçois, dit le brame, qu’on ne doittrouver fur la terre que très-peu de républiques,Les hommes sont rarement dignes de se gou-verner eux-mêmes. Ce bonheur ne doit ap-partenir qu’à des petits peuples, qui se cachent